Eat’s Business #2 | Carrefour ciblé pour un rachat, des galettes bretonnes chinoises et la folie des industriels pour le végan

19/01/2021

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Eat’s Business #2

Dans ce deuxième épisode de Eat’s Business, la revue de presse du Business de la Bouffe, Olivier Frey et Daniel Coutinho reviennent sur la convoitise de Couche-Tard pour le rachat de Carrefour SA, sur le paradoxe des galettes bretonnes chinoises ainsi que sur la folie des industriels pour le végan.

Dans cet épisode, sont aussi évoqués 2MX Organic (la Special Purpose Acquisition Company du trio Zouari-Niel-Pigasse), le futur rapprochement entre les groupes InVivo et Soufflet, la framboise française, la tendance de la cantine connectée avec Popchef, Lenôtre et ses nouvelles recettes pour traverser la crise sanitaire, la nouvelle version de Groupon en Chine, la victoire du camembert normand, un documentaire sur les bouchers, la cuisine française et la plateforme nationale fraisetlocal.fr.

Rachat de Carrefour SA par Couche-Tard ?

La Presse, Couche-Tard en discussion pour acquérir la chaîne française Carrefour, 12/01/2021

C’est une des grosses infos de la semaine : le groupe canadien Couche-Tard a confirmé avoir initié des « discussions exploratoires » avec Carrefour.

Couche-Tard compte plus de 14 200 supérettes dans son réseau à travers le monde, dont 9200 en Amérique du Nord. En Europe, son réseau de vente au détail de 2700 magasins s’étend en Scandinavie, en Irlande, en Pologne, dans les pays baltes et en Russie. En vertu de contrats de licence, Couche-Tard exploite plus de 2200 magasins dans 15 autres pays et territoires (Hong Kong, Mexique, Vietnam, etc.).

Il faut dire que le groupe canadien pèse plus du double de Carrefour : sa capitalisation boursière est d’environ 29,7 milliards d’euros contre 12,6 milliards d’euros pour Carrefour.

Le trio Zouari-Niel-Pigasse

Les Echos, Quelle sera la première cible du trio Zouari-Niel-Pigasse dans l’alimentation ?, 09/01/2021

Le trio s’est associé fin 2020 et a lancé 2MX, un « SPAC » (Special Purpose Acquisition Company) qui a levé 300 millions d’euros et vise une grosse acquisition en 2021.

La future cible cochera au moins deux cases selon Les Echos : celle de l’alimentaire et celle du durable. Selon le journal, 2MX a un budget de 1,5 milliards à 2 milliards d’euros pour cette première acquisition et pourrait donc s’offrir :

  • tout le groupe Casino dont la capitalisation boursière est inférieure à trois milliards, ou l’une de ses pépites, du type Naturalia ou Monoprix
  • un spécialiste du bio, dont la plupart sont en difficulté face à la montée en puissance des distributeurs généralistes. Si Bio C Bon a déposé le bilan et a été repris par Carrefour, La Vie Claire pourrait être une cible. 
  • enfin, d’après un certain nombre d’observateurs, une cible tient la corde : le spécialiste des produits frais Grand Frais, qui appartient en partie à des fonds d’investissement.

Rapprochement InVivo-Soufflet

L’Usine Nouvelle, Trois clefs pour comprendre le rapprochement entre InVivo et Soufflet, 13/01/2021

C’est un coup de tonnerre dans le monde agricole et agroalimentaire française qui a eu lieu ce mercredi 13 janvier. L’union de coopératives agricoles InVivo a annoncé être entrée en négociations exclusives pour acquérir le groupe familial Soufflet, qui cherchait un repreneur depuis plus de deux ans.

Avec un chiffre d’affaires de 4,866 milliards d’euros pour l’exercice 2018/2019, Soufflet, est un groupe céréalier spécialisé dans la meunerie et le malt. Le groupe possède notamment 27 malteries dans le monde et produit 2 280 000 tonnes de malt. Il est également présent dans la boulangerie industrielle avec Neuhauser et la marque Baguépi.

Avec cette acquisition, InVivo se renforcerait donc à l’international grâce à l’activité négoce de Soufflet, mais le groupe diversifierait également ses activités avec l’ajout de nouvelles filières comme la meunerie, le malt et la boulangerie industrielle. L’ensemble InVivo/Soufflet pèserait ainsi 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et deviendrait ainsi le deuxième groupe agricole européen derrière l’allemand BayWa. Le nouvel ensemble serait présent dans plus de 30 pays, avec plus de 90 sites industriels, dont 59 en France. Il compterait 12 500 salariés dont 10 000 en France.

Végan industriel

Les Echos, Le végan, nouvelle folie des industriels, 11/01/2021

Un article complet sur le mouvement végan, qui a été lancé en 1944 en Grande-Bretagne par Donald Watson et ses conséquences sur certains marchés, notamment agroalimentaires.

Car le véganisme est une tendance de consommation que les industriels ne peuvent plus ignorer. Ainsi, selon les prévisions de Barclays, les ventes mondiales de produits à base de protéines végétales augmenteraient de 16% par an et, en 2027, ce marché pèsera 30 milliards d’euros.

Et tous les gros acteurs de l’agroalimentaire s’y intéressent. Unilever, qui a racheté The Vegetarian Butcher, a par exemple annoncé qu’il visait 1 milliard d’euros de revenus d’ici 5 à 7 ans grâce à cette nouvelle offre.

Du côté des startups spécialisées dans les protéines végétales, les capitaux affluent également. Selon Meticulous Market Research, 750 millions de dollars ont été levés dans ce secteur en 2019.

En France, si les ventes de produits végans progressent vite (+11% en 2019, selon Xerfi), le marché reste encore modeste en valeur absolue (environ 400 millions d’euros). Toutefois, selon Guillaume Gachet, directeur marketing de Herta Le bon Végétal, « Le marché français a un gros potentiel et devrait connaître une croissance à deux chiffres dans les années à venir ».

Framboise française

Ouest France, La framboise française en quête d’un rebond, 08/01/2021

Les ventes de framboises fraîches sont en croissance depuis une quinzaine d’années dans l’hexagone : entre 2015 et 2019, les achats ont augmenté de 9,4% en volume (+ 10,8% en valeur), selon une étude du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL). Mais en 2019, seulement 13% des framboises commercialisées étaient d’origine France, contre 31% dix ans plus tôt. La production française a, en effet, été divisée par deux en 15-20 ans, passant de plus de 8 000 tonnes à environ 4 000 tonnes. La France importe ainsi plus de 22 000 tonnes de framboises fraîches par an et s’approvisionne principalement en Espagne, au Portugal et au Maroc.

Galettes bretonnes chinoises

Ouest France, Galettes bretonnes : pourquoi vous mangez souvent chinois sans le savoir, 07/01/2021

La Bretagne fait face à une situation pour le moins paradoxale : alors qu’elle a longtemps été une grosse productrice de blé noir, elle est contrainte depuis quelques années d’en importer 70% de Chine et dans une moindre mesure, des pays de l’Est (la Pologne en tête).

La région possède pourtant une IGP «  blé noir breton  » et 1 700 producteurs et 9 des 30 meuniers bretons produisent du blé noir et de la farine IGP, selon un cahier des charges qui prévoit notamment une culture sans produits phytosanitaires. En 2020, la Bretagne a produit 2 400 tonnes de farine de sarrasin IGP et 300 à 400 tonnes de farine de blé non IGP. Mais cela suffit à peine à couvrir 20 à 25% des besoins de la région estimés entre 25 000 et 30 000 tonnes par an.

Pourquoi une telle situation ? Comme souvent c’est une question de prix et de rémunération des producteurs. Le blé noir IGP (conventionnel) se négocie en effet à 840€ la tonne (le producteur ne perçoit que 700€) et le bio à 1 000€ quand les blés noirs chinois ou polonais se négocient entre 250 et 400€ la tonne.

Autre problème : le flou de la réglementation française, qui n’oblige pas à donner l’origine du produit et certains industriels importent donc du blé noir et se contentent de mettre une Bigoudène, un drapeau breton ou un Triskell sur leur emballage.

Cantine connectée

ZdNet, Faire entrer la cantine connectée sur son lieu de travail, une tendance de demain ?, 08/01/2021

Est ce que la cafétéria va être remplacée par des frigos connectés disposés dans les espaces communs des entreprises? Zdnet fait le point avec l’une des entreprises leaders de ce secteur : Popchef. Initialement positionnée sur la livraison de repas chez les particuliers sur Paris, Popchef a pivoté fin 2017 à cause de la forte concurrence dans ce secteur pour s’orienter vers la restauration collective d’entreprise.

Son offre est centrée sur un modèle de cantine digitale « flexible » et « modulaire », qui s’adapte plutôt aux PME qu’aux grands groupes, chaque frigo connecté pouvant contenir 50 repas. Chaque matin, le frigo connecté est rempli avec les plats du jour. Popchef met également en avant la qualité et la provenance des produits, ainsi que l’équilibre des repas, élaborés avec un nutritionniste.

Avec le développement du télétravail, Popchef a également mis en place une offre de livraison suite à des demandes de ses clients. Comme le précise François de Fitte, le cofondateur, « nous livrons en début de semaine des plats pour tous les jours télétravaillés de la semaine. Ce sont les mêmes repas que sur site, mais ils sont conditionnés sous vide. »

Lenôtre face à la crise sanitaire

Les Echos, Les recettes de Lenôtre pour traverser la crise sanitaire, 12/01/2021

Lenôtre, qui appartient au groupe Sodexo, s’en est plutôt bien sorti en 2020. Si évidemment son activité traiteur a plongé en 2020 (-77% sur l’année), Lenôtre a pu compter sur ses activités connexes pour limiter la casse. Ses boutiques (11 en France et 7 en franchise au Japon, en Chine, en Arabie Saoudite, au Koweit et en Allemagne) et son école de cuisine, ont, en effet, mieux traversé la crise sanitaire. Comme l’explique Olivier Voarick, le directeur général, « Notre école a été freinée par le premier confinement mais va afficher au final le même chiffre d’affaires qu’avant le Covid. Quant à nos boutiques, elles ont bien résisté avec un recul de 8% sur l’exercice 2019-2020 terminé fin août et même une hausse de 2% de septembre à fin décembre 2020 par rapport à la même période de 2019 ».

Lenôtre s’est également appuyé sur la forte croissance du e-commerce, qui est passé de 2 à 10% du chiffre d’affaires entre mars et décembre. Pour y arriver, l’entreprise a notamment passé des accords avec les marketplaces de livraison Deliveroo et Epicery, et octroyé une licence pour ses plateaux-repas à Popchef. 

Comme pour beaucoup, c’est la configuration même de l’entreprise qui a changé. Pré-Covid, l’activité traiteur représentait 55% du chiffre d’affaires Lenôtre contre 35% pour les boutiques et 10% pour l’école et le restaurant Pré Catelan. Désormais les boutiques et l’école pèsent plus de 60%.

Version chinoise de Groupon

Inkstone News, Remember Groupon? A new version is making waves in China, 12/01/2021

Voilà un phénomène qui est en train de prendre de plus en plus d’ampleur en Chine : les achats alimentaires groupés.

Comme partout dans le monde, la pandémie de Covid a fait grimper la proportion d’achats alimentaires en ligne à des sommets en Chine. Mais, à cette croissance du e-commerce, s’est greffé en parallèle le développement des achats groupés communautaires.

Le principe est simple : en quelques clics sur leur téléphone portable, les consommateurs peuvent commander des produits d’épicerie via des plateformes technologiques, qui les localisent pour ensuite regrouper et coordonner les commandes. Cela génère des achats en gros pour les principaux fournisseurs de produits alimentaires qui peuvent alors proposer des remises importantes, ce qui permet d’éviter les intermédiaires et les détaillants traditionnels. Les nouveaux acteurs de ce marché en pleine expansion se nomment Didi ChuxingMeituan et Pinduoduo.

Mais à la différence d’un simple grossiste, il y a ici un aspect communautaire qui fait toute la différence. En effet, les résidents d’un quartier se regroupent et désignent un représentant pour acheter les articles au nom de la communauté. Tout cela s’organise généralement via un groupe sur WeChat. Les commandes de chaque groupe sont ensuite livrées en vrac aux points de collecte pour que le représentant de la communauté puisse les récupérer, avant que les membres de la communauté ne les collectent. Ce système permet ainsi de réduire les frais de livraison du dernier kilomètre.

Comme le rapporte un analyste, “l’achat groupé communautaire complète le commerce électronique traditionnel, qui livre les consommateurs individuels à partir d’un même entrepôt. Il améliore l’expérience d’achat, car les détaillants sont plus proches du consommateur, et il permet d’économiser sur les coûts logistiques car les chefs de groupe sont responsables de la livraison aux consommateurs individuels”.

Victoire du camembert normand

France 2, Alimentation : la victoire du camembert normand, 07/01/2021

Alors que depuis le 1er janvier, il est interdit de mentionner “fabriqué en Normandie” sur les camemberts, France 2 a rendu visite à une fromagerie qui fabrique le traditionnel camembert de Normandie.

Le métier de boucher

France 2, Emission Infrarouge sur le thème “Une vraie boucherie”, 12/01/2021

Un documentaire consacré au quotidien d’un métier qui est de plus en plus décrié.

La viande est aujourd’hui devenue une matière sensible. Ceux qui la travaillent et la mettent en vitrine subissent parfois le rejet du public. Réchauffement climatique, maltraitance animale : les bouchers doivent se réinventer. Patrons ou apprentis, hommes ou femmes se racontent derrière le billot, à l’école, ou devant la clientèle.

Le replay est disponible jusqu’au 11.03.21.

Cuisine française

France 24, Cuisine française : aux origines de la gastronomie, 12/01/2021

L’émission “C’est en France” revient cette semaine sur l’histoire du “gaster nomos”, soit “l’art de régler l’estomac”, dont les ingrédients principaux ont toujours été le pouvoir, et une certaine influence étrangère. Entre l’art de la diplomatie et le besoin de transmission de notre héritage, la gastronomie est bien plus que de la simple cuisine.

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