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Eat’s Business #42 | Importation de chips, lait de pomme de terre et les robots qui se lancent dans la livraison

15/02/2022

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Eat’s Business #42

Dans ce nouvel épisode de Eat’s Business, la revue de presse du Business de la Bouffe, Olivier Frey et Daniel Coutinho reviennent sur les actualités food de la semaine. Aujourd’hui on parle d’importation de chips en france, de lait à base de pommes de terre et de la consommation de lait de vache qui est en déclin.

On parle également de la restauration commerciale qui souffre encore avec la crise sanitaire, d’une startup américaine qui propose des livraisons de nourriture par robot télécommandé et enfin on parle de Thrive Market, un site américain de vente en ligne d’aliments et d’articles ménagers sains et écologiques.

Les Échos, Pourquoi la France exporte ses patates mais importe ses chips, 03/02/2022 + Les Échos, Ces agriculteurs-entrepreneurs qui parient sur la chips artisanale, 03/02/2022

D’après les chiffres publiés par FranceAgriMer en janvier 2021, 2 millions de tonnes de pommes de terre ont été expédiées 2019 mais en retour ce sont 1,6 million de tonnes de produits transformés à base de pommes de terre, tous types confondus, qui ont été importés. Il y a donc clairement de la valeur ajoutée à récupérer dans cette filière car “une partie des pommes de terre françaises transformables est exportée, essentiellement vers la Belgique, pour y être transformée, puis réimportée sur les étals français”. Résultat : en 2019, la balance commerciale des chips a affiché un déficit de 120 millions d’euros.

D’après l’article, pour les chips cela s’explique par les pratiques de la grande distribution, notamment des hard discounters dont les approvisionnements reposent sur des contrats internationaux. Ainsi, sur les 75.000 tonnes de produits commercialisés en France en 2021, 30.000 environ l’ont été sous marque distributeur.

Toutefois, comme le précise l’article, les Français ne sont pas de gros consommateurs de chips en comparaison de certains de nos voisins européens. Les Français en mangent 1,1 kg en moyenne par an, contre 3 kg pour les Belges et plus de 4 kg pour les Anglais. 

Le second article s’intéresse à deux marques françaises : la Chips de Mazingarbe et Belsia, qui ont pour point commun d’avoir été lancées par des agriculteurs. Ainsi, chez la famille Mazingarbe, tous les jeudis, entre 2000 et 3000 paquets de 150 grammes de chips sortent de la ligne de production. C’est le fils qui a eu l’idée de faire des chips « Pour valoriser notre matière première ». La famille a investi au total près de 500 000 euros pour “transformer un ancien hangar en laboratoire aux normes” et acheter des machines en Espagne.   

The Guardian, Skinny spud latte to go? Potato milk hits UK supermarket shelves, 07/02/2022

Voilà une nouvelle alternative végétale au lait qui fait son apparition sur les étals des supermarchés anglais. Après le lait de soja, le lait d’amande, le lait d’avoine… voici désormais le lait de pomme de terre.

Décrit comme “délicieusement crémeux” et capable de produire la “mousse parfaite” pour un café au lait ou un cappuccino fait maison, le lait de pomme de terre de la marque suédoise Dug est désormais en vente dans 220 magasins Waitrose.

Fabriqué au Royaume-Uni, Dug contient des protéines de pois, de l’huile de colza et des pommes de terre. Dug se décrit comme “super durable” et a travaillé avec CarbonCloud, une entreprise qui calcule l’empreinte climatique des aliments, pour évaluer ses références environnementales. Dug affirme que son empreinte est nettement inférieure à celle du lait. La culture des pommes de terre est par exemple deux fois plus efficace que celle de l’avoine et la culture utilise moins d’eau que la culture d’amandes. Pour certains experts, le lait de pomme de terre a même le potentiel pour remplacer à terme le lait d’avoine comme alternative au lait.

L’article rappelle par ailleurs que les alternatives végétales au lait sont en plein essor et pèsent environ 400 millions de livres par an au Royaume-Uni (contre plus de 3 milliards de livres sterling pour le lait de vache). 

La Tribune, Chute inexorable de la consommation de lait : Sodiaal condamnée à se restructurer, 02/02/2022

Alors que les ventes de lait de consommation sont structurellement en baisse depuis 20 ans (-3% par an en moyenne sur les 10 dernières années), le groupe coopératif Sodiaal a annoncé un “plan d’adaptation à “un contexte de marché difficile”. Ce plan implique la fermeture prochaine de deux usines et quatre ateliers, entraînant la suppression de 316 postes en CDI.

Sodiaal, qui collecte environ 20% du lait en France, pointe deux “foyers de pertes” dans son communiqué de presse : les marchés du lait UHT et les ingrédients laitiers infantiles. Ceux deux segments souffrent selon Sodiaal “d’une baisse continue des ventes et de surcapacités”.

Selon Gérard You, responsable du service économique des filières à l’Institut de l’élevage, la baisse des ventes de lait de consommation s’explique par “la déstructuration des repas des Français” ainsi que “leur abandon progressif des fourneaux”.

Concernant le lait infantile, Sodiaal est confronté à “la dégradation du marché (…) dans le monde entier”. C’est notamment le cas en Chine, qui pèse 35% du marché mondial du lait infantile, mais qui fait face à une baisse importante de la natalité (18 millions de naissances en 2016, moins de 11 millions en 2021).

Sodiaal est également touché par les mauvaises performances du lait bio. Le groupe a en effet été obligé de déclasser en lait conventionnel environ 20% de ses volumes de lait bio. Il a également arrêté les conversions en bio de ses adhérents il y a deux ans. Enfin, il a baissé de 3 euros le prix moyen du lait bio acheté à ses adhérents (475 euros les mille litre en 2021 contre 478 en 2020).

Le groupe a également annoncé qu’il va investir 600 millions d’euros entre 2022 et 2027 afin “d’accélérer sa conquête des marchés valorisés”. Cela servira à effectuer une montée en gamme des produits, à moderniser les usines et à diminuer le plastique des emballages.

Sodiaal promet de reclasser tous les salariés concernés par ce plan de restructuration.

Le Figaro, Covid-19: la restauration commerciale en repli de 35% en 2021, comparé à l’avant-crise, 03/02/2022

Selon une étude réalisée par NPD Group, la restauration commerciale a connu “une croissance de 6% en visites et 5% en dépenses” en 2021 mais cela reste “encore loin des résultats de 2019, puisque le marché affiche un retard de 30% en visites et 35% en dépenses”.

C’est évidemment la restauration à table qui a été la plus durement affectée par la crise sanitaire. Les établissements ont en effet dû fermer leur salle au public pendant cinq mois en 2021. Ainsi, la restauration à table, après avoir “perdu la moitié de sa fréquentation et de son chiffre d’affaires en 2020” était de nouveau en recul l’an dernier ravec -8% de chiffre d’affaires comparé à 2020 et -53% par rapport à 2019.

La restauration rapide, s’en est mieux sorti car elle s’est «mieux adaptée aux mutations du marché». Elle progresse de 13% en visites et 15% en valeur sur un an.

Autre résultat mis en avant par l’étude NPD : “les commandes passées via une application, un ordinateur ou une borne représentent 470 millions de visites”, ce qui représente “7% des visites totales”, contre “seulement 2% en 2019”.

Engadget, Coco’s restaurant delivery bots are headed to more warm-weather cities, 08/02/2022 + Chainstoreage.com, Delivery robots come to Austin, Texas, 08/02/2022

Voilà une entreprise à suivre de près.

Coco est une startup américaine qui propose des livraisons de nourriture par robot télécommandé. Coco a débuté son service en 2020 à Los Angeles et y compte désormais des centaines de robots de livraison dans les rues, qui couvrent tous les principaux quartiers de la ville. La startup a levé près de 92 millions de dollars en 2021.

Dans les faits, lorsqu’un client passe une commande de livraison dans un restaurant participant, un robot Coco piloté à distance se rend au restaurant pour récupérer la commande. Le personnel charge ensuite le robot avec la commande dès qu’elle est prête, et le robot effectue la livraison en 15 minutes ou moins.

Les robots de Coco sont entièrement électriques et sont neutre en carbone. Le fonctionnement de Coco se démarque d’autres services de livraison par robot tels que Yandex, Serve Robotics, Ottonomy ou encore Nuro. Ces derniers utilisent des robots autonomes alors que chez Coco les robots sont pilotés à distance par des employés de la startup.

S’appuyant sur le succès rencontré à Los Angeles, Coco a décidé de s’implanter à Austin et prévoit ensuite de se développer à Dallas, Houston et Miami dans les prochains mois.

Coco prétend réduire les coûts et livrer la nourriture aux clients 30 % plus rapidement que les méthodes traditionnelles, avec un taux de livraison à temps de 97 %.

New York Times, Bringing Health Food to the Masses, One Delivery at a Time, 05/02/2022

Le New York Times propose un entretien avec Nick Green, le co-fondateur de Thrive Market, un site de vente en ligne d’aliments et d’articles ménagers sains et écologiques lancé en 2013. Thrive compte plus d’un million de membres qui paient 60 dollars par an pour pouvoir commander des pâtes aux pois chiches, des produits de nettoyage à base de plantes ou du vin bio.

Il raconte notamment que, lorsqu’il était enfant, le placard de la cuisine de ses parents “n’était pas comme celui de ses amis” car “il n’y avait pas de snacks salés, pas de céréales sucrées, pas de soda”. Il explique que sa mère avait vu comment le régime moderne entraînait de nombreux problèmes de santé chez ses proches et avait donc décidé d’élever ses propres enfants avec un minimum d’aliments transformés. Et cette dernière a dû “travailler dur pour y parvenir” car “il n’y avait pas de magasin proposant des produits sains à proximité”.

Il évoque ensuite ce que la pandémie a changé pour Thrive. Ainsi, il a observé que “les gens sont plus en phase avec la société, plus soucieux de l’environnement et de la santé qu’il y a deux ans”. Par ailleurs, il constate que “cela fait deux ans que les gens s’habituent de plus en plus à faire leurs achats en ligne” et il est persuadé “qu’une grande partie de ce comportement est resté”.

Interrogé sur les principaux obstacles à l’adoption d’une alimentation saine en Amérique, il affirme que l’un des premiers obstacles est d’ordre financier. En effet, les produits biologiques et naturels ont tendance à coûter plus cher. Le second obstacle est d’ordre géographique car “la moitié des Américains ne vivent pas à proximité d’un magasin proposant des produits sains”. Toutefois, le principal obstacle est selon lui d’ordre émotionnel car le consommateur se pose beaucoup de questions du type “par où commencer ?” ou “puis-je faire confiance à ces produits ?”. Par ailleurs, “si vous allez sur Amazon et cherchez du beurre d’amande, vous allez trouver 9000 résultats”.

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