Eat’s Business #30 | 2 milliards d’euros pour l’alimentation, une histoire d’amour compliquée entre Carrefour et Auchan et la fin des emballages plastiques sur les fruits et légumes.

19/10/2021

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Eat’s Business #30

Dans ce nouvel épisode de Eat’s Business, la revue de presse du Business de la Bouffe, Olivier Frey et Daniel Coutinho reviennent sur les actualités food de la semaine. Aujourd’hui, on parle du plan France 2030 de Macron qui prévoit 2 milliards d’euros pour l’alimentation, une histoire d’amour compliquée entre Carrefour et Auchan et la fin des emballages plastiques sur les fruits et légumes. 

Dans cet épisode sont aussi évoqués les alternatives au Nutella qui prennent de la place sur le marché, l’histoire internationale de la coopérative laitière Isigny Sainte Mère et enfin les innovations pour lutter contre la pollution dûe aux bovins. 

La Tribune, Macron promet 2 milliards d’euros pour la nouvelle “révolution alimentaire”, 12/10/2021

Dans le cadre du plan France 2030, le président Macron a annoncé que 2 milliards d’euros sur cinq ans seront consacrés à la transition vers une alimentation plus “saine, durable et traçable”. A ces 2 milliards s’ajouteront 850 millions d’euros issus du 4è Plan d’investissement d’avenir.

Selon ses dires, le secteur agricole et alimentaire se retrouve en 2021 “aux confluences” entre plusieurs défis : la décarbonation de la production, la lutte contre l’érosion de la biodiversité et la croissance démographique.

L’argent issu du plan France 2030 et du 4è Plan d’investissement d’avenir sera investi dans trois axes majeurs :

  • 1 milliard d’euros (dont 400 millions issus du PIA4) serviront au développement de trois outils de la “révolution du vivant et de la connaissance”: la robotique, le numérique et la génétique.
  • 850 millions (dont 450 millions issus du PIA4) seront consacrés à la santé nutritionnelle, et notamment à la structuration de “chaînes alimentaires locales” visant cet objectif.
  • 500 millions d’euros en fonds propres serviront à “accroître la capacité d’innovation et de prise de risques” de jeunes agriculteurs, mais aussi de coopératives (les modalités sont encore à définir).

Le Monde, Rapprochement Carrefour-Auchan : les raisons d’un échec, 11/10/2021 + Le Figaro, Carrefour-Auchan, les secrets d’une union ratée, 09/10/2021

Les rumeurs d’un éventuel mariage entre Carrefour et Auchan bruissaient depuis quelques semaines mais depuis quelques jours les discussions entre les deux groupes ont été stoppées suite à la décision du conseil stratégique de Carrefour. Comme le précise Le Figaro, Alexandre Bompard, après des mois de réflexion, a jugé l’opération « trop compliquée ». Le Monde précise que cette décision a été motivée par les “réticences de ses grands actionnaires et la difficulté de s’entendre sur les valorisations”.

Le Figaro nous apprend également que c’est Auchan, en la personne de Barthélémy Guislain, le président de l’AFM (Association familiale Mulliez), qui a fait le premier pas. Le groupe est en effet “très dépendant des grands hypermarchés, format en perte de vitesse”.

Parmi les différents scénarios envisagés lors des discussions entre les deux groupes : dans l’un, Carrefour était sensé prendre le contrôle d’Auchan et dans l’autre, l’AFM devenait premier actionnaire de Carrefour en échange de l’apport d’Auchan au groupe et d’un paiement cash. Selon Le Monde, le tout dernier montage prévoyait même l’acquisition de Carrefour par la famille Mulliez.

Les problèmes autour de la valorisation étaient liés au fait que les Mulliez jugeaient que leur enseigne valait au moins aussi cher que Carrefour.

Le Point, Fin des emballages plastiques : les fruits et légumes concernés, 11/10/2021

À partir du 1er janvier prochain, un certain nombre de fruits et légumes frais non transformés ne pourront plus être proposés à la vente sous un emballage plastique en France. Le gouvernement a détaillé en début de semaine dans un communiqué la liste des fruits et légumes concernés par la nouvelle réglementation.

Les légumes concernés sont : poireaux, courgettes, aubergines, poivrons, concombres, pommes de terre, carottes, tomates rondes, oignons, navets, choux, choux-fleurs, courges, panais, radis, topinambours et légumes racines.

Les fruits concernés sont : pommes, poires, oranges, clémentines, kiwis, mandarines, citrons, pamplemousses, prunes, melons, ananas, mangues, fruits de la passion et kakis.

D’après le gouvernement, cette mesure « devrait permettre d’éviter plus d’un milliard d’emballages en plastique inutiles chaque année ». En effet, selon l’article 37 % des fruits et légumes sont actuellement vendus sous emballage.

Une tolérance est accordée pour les fruits et légumes « présentant un risque important de détérioration de leur vente en vrac ». Ainsi, certaines variétés de tomates, les oignons et navets primeurs, les choux de Bruxelles, haricots verts, raisin, pêches, nectarines et abricots pourront avoir un emballage plastique jusqu’au 30 juin 2023. Les endives, asperges, brocolis, champignons, pommes de terre et carottes primeur, salade, mâche, jeunes pousses, herbes aromatiques, épinards, oseille, fleurs comestibles, pousses de haricot mungo ainsi que les cerises, canneberges, airelles et physalis pourront avoir un emballage plastique jusqu’au 31 décembre 2024. Les fruits mûrs à point, les graines germées et les fruits rouges ont quant à eux jusqu’au 30 juin 2026. 

Le Figaro, Face à Nutella, la guerre de la pâte à tartiner ne faiblit pas, 10/10/2021

Les nouveautés au rayon pâtes à tartiner se multiplient depuis le début de l’année. Michel & Augustin, Nestlé Desserts ou encore Bonne-Maman ont tous lancé un concurrent au Nutella.

Cette fois-ci c’est Milka qui a décidé de retenter sa chance, après une première incursion début 2019 avec Patamilka. Mais, comme l’explique l’article, Mondelez mise désormais sur une recette plus riche en noisettes, un pot en verre plutôt qu’en plastique et surtout un changement de nom pour s’appuyer sur la force de sa marque Milka. L’objectif affiché pour cette pâte à tartiner Milka est de peser 3% du marché à moyen terme.

Il faut dire que le marché des pâtes à tartiner pèse 600 millions d’euros en France selon Euromonitor et qu’il a bénéficié des effets des confinements successifs, avec une croissance de 6,6% en 2020. Comme le précise l’article, selon Nielsen les ventes de pâte à tartiner restent en valeur 10% au-dessus de ce qu’elles étaient avant la crise sanitaire. Par ailleurs, Sébastien Monard, directeur marketing chez Nielsen, explique qu’en France “nous sommes passés de 12 marques actives sur ce marché en 2012, à 21 en 2017 puis 30 en 2021”. Ainsi, alors que Nutella détenait 85% du marché des pâtes à tartiner au début des années 2010, sa part est désormais aux alentours de 64%.

Capital, De la Chine à Air France, l’incroyable succès de la laiterie Isigny Sainte-Mère, 24/09/2021

Un article consacré à une entreprise qui cartonne, notamment à l’export. Et non il ne s’agit pas d’une startup de la FoodTech mais d’une coopérative laitière qui est née en 1909 : la coopérative Isigny Ste Mère.

Les chiffres 2020 parlent d’eux-mêmes :

  • 507 millions d’euros de chiffre d’affaires (+12%)
  • 70 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (+27%)
  • Une collecte de lait en progression de 4%
  • 399 euros payée par tonne de lait,soit le prix d’achat aux éleveurs le plus haut de France.
  • 60% de la production vendue à l’exportation vers 40 pays

L’article propose un historique de l’entreprise depuis sa naissance il y a plus d’un siècle et détaille également la stratégie qui a mené à une telle réussite. Comme l’explique bien l’article, la clef du succès de cette coopérative, c’est “la fameuse équation laitière: 1 litre de lait de vache permet de produire 50 grammes de beurre et 100 grammes de poudre de lait écrémé”. En effet, “la coopérative est une des premières en France, avec Guigoz, à avoir trouvé la solution pour valoriser cette poudre” et elle s’est lancée dans la production de lait infantile dès 1952. Désormais, la poudre de lait représente 65% de son chiffre d’affaires. Pour arriver à un tel chiffre, la coopérative s’est appuyée sur le marché chinois. L’article explique d’ailleurs que pour sécuriser ce marché, elle a été jusqu’à faire entrer son partenaire chinois Biostime au capital, à hauteur de 20%.

Financial Times, How methane-producing cows leapt to the frontline of climate change, 10/10/2021

Le changement climatique et les importantes émissions de gaz à effet de serre produites par le bétail font l’objet d’une attention croissante. De nombreux agriculteurs et scientifiques sont à la recherche de solutions abordables pour rendre la viande et les produits laitiers plus écologiques. Car, comme le rappelle l’article, si l’impact climatique des émissions du secteur agricole est connu depuis des décennies, le rôle du bétail n’a fait l’objet d’un examen approfondi qu’au cours des dernières années.

L’article s’intéresse à quelques initiatives. Les solutions potentielles vont de nouveaux compléments alimentaires à des masques portés par les vaches.

Ainsi, cet éleveur anglais nourrit ses vaches laitières avec des granulés à base d’ail et d’agrumes utilisés. Ceux-ci sont mélangés à l’alimentation du troupeau de 600 vaches et ont contribué à réduire le volume de méthane qu’elles produisent. Les granulés, produits par la start-up anglo-suisse de biotechnologie Mootral (que nous avions déjà évoqué ici), agissent en perturbant les enzymes productrices de méthane dans l’intestin. Mootral n’est pas seule dans la quête pour améliorer le bilan environnemental des vaches grâce aux additifs alimentaires. À l’université de Californie, à Davis, des chercheurs ont découvert qu’un certain type d’algues dans l’alimentation des vaches pouvait réduire les émissions de méthane de 82 %, bien que la production d’algues soit difficile à mettre en place à grande échelle. De son côté, Royal DSM, un groupe néerlandais spécialisé dans la santé et les nutriments, a récemment reçu l’approbation réglementaire des autorités agricoles brésiliennes et chiliennes pour son supplément Bovaer. Ce dernier décompose le méthane en composés déjà naturellement présents dans l’estomac de la vache. De son côté, Cargill, l’un des leaders mondiaux de la viande, teste des masques pour ses vaches. Selon le groupe, jusqu’à 95 % des émissions de méthane des bovins proviennent de la bouche et des narines. Lesdits masques ont été mis au point par la start-up britannique Zelp. Ils oxydent le méthane, ce qui réduit de moitié les émissions. Il existe également des vaccins anti-méthane, qui font l’objet de recherches. De leur côté, les scientifiques et les sociétés de génétique animales considèrent que l’élevage de vaches plus grosses et qui grandiraient plus rapidement serait une solution au problème des émissions.

Si toutes ces solutions ne font que supprimer une partie du méthane émis par les vaches, comme l’explique Thomas Hafner, le fondateur de Mootral, “il n’est pas réaliste d’arrêter de produire du bœuf ou des produits laitiers lorsque la population augmente. Les populations des marchés émergents passent également d’un régime à base de céréales à un régime à base de protéines”. Par conséquent, ces solutions ont le mérite d’essayer de réduire les émissions.


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