eat's business 44

Eat’s Business #44 | Les français et l’agriculture, les anti-régimes et l’abonnement aux restaurants

01/03/2022

Ecoutez le podcast sur votre application préferée :


Eat’s Business #44

Dans ce nouvel épisode de Eat’s Business, la revue de presse du Business de la Bouffe, Olivier Frey et Daniel Coutinho reviennent sur les actualités food de la semaine. Aujourd’hui on parle d’une étude qui s’intéresse à la place des agriculteurs dans la société, de la crise du bio et de l’abonnement appliqué à la restauration.

On parle également des NFTs, de régimes alimentaires et de l’ananas pain de sucre.

Opinion Way, Les Français et la place des agriculteurs dans la société, Janvier 2022

Alors que le Salon de l’Agriculture s’ouvre à la fin de la semaine, Opinion Way propose une étude sur la place des agriculteurs dans la société.

Qu’en retenir?

  • 96% des personnes interrogées estiment que le travail des agriculteurs français est indispensable à notre économie
  • 89% pensent que la contribution des agriculteurs français à notre société est souvent sous-estimée
  • Etonnamment, 75% estiment savoir en quoi consiste la vie et le travail des agriculteurs français au quotidien. Toutefois, seuls 56% des 18-24 ans l’affirment.
  • 87% affirment avoir plus que jamais envie de soutenir les agriculteurs français
  • Avec la crise, ils sont 86% à avoir plus que jamais pris conscience de l’importance de l’agriculture dans leur alimentation quotidienne
  • 94% affirment que c’est une nécessité d’en faire plus pour privilégier les produits issus de l’agriculture française

LSA, “Il est urgent de réexpliquer les fondamentaux du bio”, estime le DG de Naturalia, 19/02/2022

Une interview d’Allon Zeitoun, le directeur général de Naturalia et président du syndicat des distributeurs spécialisés du secteur (Synadis bio). Il y fait le point sur l’essoufflement du marché du bio et dresse des pistes pour renouer avec la croissance.

Quelques chiffres sur Naturalia (filiale du groupe Casino) pour commencer : 395 M € de CA en 2020 (+ 22 % vs 2019), 257 magasins, 38 ouvertures en 2021, 1 725 collaborateurs.

Selon Allon Zeitoun, la crise du bio a débuté en juin 2021 et “personne n’a rien vu venir”. D’après lui, il y a plusieurs raisons à cet essoufflement :

  • avec la crise sanitaire, les consommateurs ont réduit leur fréquentation en points de vente et restreint leurs lieux d’achat. Ils viennent par conséquent moins en grandes surfaces spécialisées.
  • les clients dits « occasionnels » (environ la moitié des consommateurs de bio et 20 à 30 % du marché) achètent tout simplement moins de bio. L’explication : ils se sont tournés vers des alternatives comme le “zéro résidu de pesticides”, le “Haute Valeur environnementale” ou encore “les offres des épiceries locales”. Ainsi, alors qu’avant pour consommer “engagé” il n’y avait que le bio, désormais le bio n’est qu’un label parmi d’autres et “le message est brouillé”.
  • la croissance de l’e-commerce chez les distributeurs généralistes, qui a gagné entre 60 et 70 % en 2021 (le bio étant surreprésenté sur ce circuit).

Pour sortir de cette crise qui est pour le moment conjoncturelle, mais qui peut devenir structurelle, il faut selon lui “améliorer la performance du modèle”. Il résume le problème ainsi : “un produit conventionnel génère en moyenne 1 500 euros de chiffre d’affaires par trimestre dans un magasin alors qu’une référence bio ne dépasse pas les 750 euros”.

Pour redonner un second souffle au bio, il faut d’après lui “réexpliquer les bénéfices du bio et son prix, augmenter la part du local dans l’assortiment, travailler le sourcing et les mises en avant en magasin” et “réexpliquer ses fondamentaux : sans pesticide, un impact positif sur la biodiversité et le climat, un bénéfice sur la santé et la réduction des émissions de gaz à effet de serre”. Mais il faut tout cela en adoptant “un discours plaisir et non moralisateur”.

Konbini, L’abonnement au restaurant est-il le futur de la gastronomie ?, 11/02/2022

L’article propose plusieurs exemples de restaurants, que ce soit des fast food ou des restaurants plus haut de gamme ayant mis en place un système d’abonnement. C’est le cas par exemple de Shanti, un restaurant indien de Boston qui propose pour 80 dollars par mois, la livraison d’un repas gastronomique pour deux ou encore de La Collina, un restaurant italien de Washington qui a lancé un “Pasta Club” avec, pour 85 dollars mensuels, deux livraisons de pâtes avec la sauce maison de la cheffe. Plusieurs chaînes se sont également lancées comme par exemple Pret A Manger qui propose un abonnement café pour 20 euros par mois permettant de commander jusqu’à 5 cafés par jour.

L’objectif de ces initiatives : diversifier les revenus et fidéliser une clientèle.

Evidemment, des plateformes se sont lancées pour accompagner les restaurants à l’image de Table22, qui collabore avec Shanti et La Collina. L’article mentionne également le Summerlong Supper Club qui a lancé un premier programme par abonnement début 2021 à New York, avec seize restaurants partenaires. Enfin, Goldbelly l’un des pionniers des abonnements dans l’alimentaire, qui propose des abonnements allant de la glace à la pizza et qui compte plusieurs centaines de restaurants partenaires a levé 100 millions de dollars en mai 2021.

Courier Media, Hydrate and co-create, 18/02/2022

Alors que l’on parle énormément des NFT depuis quelques mois, leur utilité reste encore un mystère pour beaucoup de monde.

Néanmoins, les frères Alex et Steve Michaelsen pensent que les NFT pourraient être utilisés pour jeter les bases de la co-création de marques avec les clients. Voici comment ils espèrent en faire un modèle économique durable et non un simple projet à la mode.

Leur projet s’intitule Leisure Project. Il s’agit d’une marque de boissons qui a été lancée en 2020. Celle-ci contient des ingrédients qui permettent de combattre le stress, d’améliorer la concentration et d’aider le buveur à être plus productif et inspiré, même après une séance d’entraînement sportif.

Les 2 frères ont lancé un serveur de discussion sur l’application Discord et ont commencé à construire une communauté, avec des participants qui partagent des idées d’ingrédients (devraient-ils essayer l’allulose comme édulcorant ?), discutent de formulations d’arômes (comment faire pour que la lavande n’ait pas un goût de savon ?) et partagent des recommandations sur le packaging. Les membres sont récompensés par l’accès à des informations et des contributions supplémentaires au fur et à mesure de leur participation. Aujourd’hui, Leisure Project passe à la vitesse supérieure avec la publication d’une série de NFT. Dans les semaines à venir, Leisure Project lancera très exactement 4 567 NFT conçus par plusieurs artistes différents. Ils seront “mintés” (ou frappés en français) à environ 0,08 ETH, soit environ 200 dollars. Les détenteurs de NFT recevront la première série de boissons avec une livraison gratuite et des prix réduits. Mais surtout, ils auront accès aux tests des produits et pourront proposer de nouvelles saveurs et de nouveaux ingrédients, ce qui leur permettra de participer à la recherche et au développement si leurs suggestions sont retenues par les détenteurs de NFT. La vente permettra également de financer des subventions de 10 000 dollars pour les détenteurs de NFT afin qu’ils puissent lancer des projets créatifs, parmi d’autres avantages visant à créer une communauté autour de la marque.

L’objectif est donc de faire du NFT quelque chose que les gens veulent acheter et conserver, plutôt que de le revendre rapidement pour en tirer un bénéfice. Dans ce cas précis, l’avantage de la propriété est en fait l’accès à la construction de la marque.

Depuis le lancement de son Discord en décembre dernier, Leisure Project a déjà rassemblé plus de 1 100 personnes sur la plateforme et devrait expédier le premier lot de produits d’ici l’été. Un phénomène intéressant est à noter : il y a un certain nombre de membres actifs de la communauté qui sont localisés aux Philippines alors que le produit n’est pas disponible en dehors des États-Unis.

L’un des frères explique “Nous pensons qu’à l’avenir, les marques et les produits que les gens apprécient seront co-créés par la communauté même qui les consomme. Et, grâce à cette co-création, les consommateurs devraient être récompensés. Il s’agit d’un changement radical dans la façon dont les marques, les entreprises et la société dans son ensemble ont traditionnellement fonctionné”. Affaire à suivre donc.

Wall Street Journal, The Next ‘It’ Diet? Not Trying to Lose Weight, 08/01/2022

Caroline Dooner, 34 ans, ne fait plus de régime. En 2019, elle a publié un livre, “The F*ck-It Diet”, sur sa lutte contre les régimes et l’obsession culturelle d’être mince.

De plus en plus de personnes comme elle, fatiguées de la pression de la balance, des restrictions sur leurs aliments préférés et de l’obligation d’avoir une certaine apparence, se demandent si elles ne devraient tout simplement pas abandonner complètement les régimes. Certaines personnes ont ainsi découvert le mouvement anti-régimes, qui est en plein essor et anticipe un avenir dans lequel les gens n’essaieront pas de changer leur poids. Au lieu de se fier au poids ou à l’indice de masse corporelle, ces diététiciens et nutritionnistes préconisent de mettre fin aux régimes et de mettre davantage l’accent sur des marqueurs de santé tels que l’endurance, le sommeil et le bien-être mental. L’évolution des opinions sur ce que signifie être en bonne santé, ainsi que la recherche scientifique sur les régimes et la santé, contribuent à alimenter ce mouvement.

Mais selon ses partisans, ce mouvement anti-régime a beaucoup de mal à s’imposer. En effet, la communauté médicale considère encore très majoritairement le poids comme un baromètre de la santé et des décennies de recherches scientifiques établissent un lien entre un poids élevé et les risques accrus de maladies cardiaques, de cancer, de diabète et d’autres maladies.

Pourtant, certaines recherches mettent en évidence l’inefficacité et les dangers des régimes, et suggèrent une explication plus nuancée de certains problèmes de santé associés à un poids élevé. Il a par exemple été démontré que les régimes yo-yo ont des effets néfastes sur la santé. Une étude portant sur les données de plus de 9 500 personnes souffrant de maladies cardiaques a révélé que celles qui avaient connu les plus grandes fluctuations de poids sur près de cinq ans présentaient un risque significativement plus élevé de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou de décès, par rapport à celles dont le poids fluctuait moins. D’autres études montrent que les régimes peuvent également prédisposer les gens à des troubles alimentaires, en particulier les jeunes et les adolescents. Enfin, des chercheurs ont découvert que la stigmatisation liée au poids peut elle-même être à l’origine de certains des effets négatifs sur la santé généralement associés aux poids élevés.

Pour les anti-régimes, encourager les gens à perdre du poids, c’est les vouer à l’échec. En effet, nombreux sont ceux qui ne parviennent pas à maintenir la perte de poids qu’ils subissent pendant un régime. D’ailleurs, un examen récent de 121 essais portant sur divers régimes a révélé que le poids et la tension artérielle des participants s’amélioraient généralement après six mois de régime. Toutefois, au bout d’un an, la plupart des personnes avaient repris le poids perdu et les améliorations cardiovasculaires avaient pour la plupart disparu.

Les anti-régimes préconisent plutôt l’alimentation intuitive, c’est-à-dire l’écoute des signaux innés du corps concernant la faim, la satiété et les préférences alimentaires.

The Economist, How the sugarloaf pineapple became the champagne of Benin, 19/02/2022

Une fois n’est pas coutume, voilà un article qui s’intéresse à l’ananas. Mais pas n’importe lequel : l’ananas pain de sucre.

L’article explique que l’ananas pain de sucre est au Bénin ce que le jambon est à Parme. L’an dernier, il a obtenu la première “indication géographique” (IG) du pays.

L’initiative du Bénin est le signe d’une tendance plus large. D’autres pays cherchent depuis longtemps à obtenir un statut spécial pour leurs fourrages les plus raffinés. La France et l’Italie comptent chacune environ 6 000 Gis. Les Africains veulent une part de l’action. Cela pourrait être savoureux. Les ventes de produits classés IG par l’UE représentent 75 milliards d’euros par an (83 milliards de dollars). Selon une étude récente, les aliments bénéficiant du statut d’IG sont en moyenne vendus 43 % plus cher. Pour le vin, qui représente plus de 50 % des ventes de produits protégés par l’UE, ce chiffre atteint 300 %.

Le Bénin espère que le Gis ne se contentera pas d’adoucir ses exportations d’ananas – les quatrièmes en Afrique de l’Ouest – mais qu’il rendra également plus fructueuses ses ventes de noix de cajou, de noix de karité et de beurre de karité. Des prix plus élevés pourraient faire une grande différence dans un pays où 38 % de la population travaille dans des exploitations agricoles et 45 % vit avec moins de 1,90 dollar par jour.

D’autres pays de la région espèrent également en profiter. Le poivre Penja du Cameroun a été le premier produit africain à recevoir le label tant convoité en 2013. Les ventes de ce poivre très recherché, cultivé dans les sols volcaniques du Mont Cameroun, ont contribué à stimuler une multiplication par six des revenus des agriculteurs locaux. Il orne désormais les assiettes des chefs étoilés au Michelin.

Les SIG ont le potentiel d’encourager les agriculteurs à se regrouper pour améliorer les normes et obtenir des prix plus élevés. Mais, selon Michael Blakeney, professeur à l’université d’Australie occidentale, le grand défi consistera à s’assurer que les avantages des prix supérieurs sont répercutés sur les agriculteurs et ne sont pas captés par les intermédiaires, qui disposent généralement de plus d’informations sur les marchés que les petits exploitants.

En outre, la concurrence s’intensifie, car de plus en plus de pays cherchent à protéger le Gis pour leurs propres produits. Le poivre de Penja a déjà des rivaux au Cambodge et en Indonésie. Les ananas du Bénin devront se battre contre ceux de Huay Mon, que la Thaïlande espère protéger. Mais il est certain qu’un pain de sucre sous un autre nom n’aurait pas le même goût sucré.

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