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Eat’s Business #55 | Embargo du blé Indien, battaile d’influence autour du nutriscore et flick rachete Cajoo

24/05/2022

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Eat’s Business #55

Dans ce nouvel épisode de Eat’s Business, la revue de presse du Business de la Bouffe, Olivier Frey et Daniel Coutinho reviennent sur les actualités food de la semaine. Nous parlons de la crise du blé qui prend une nouvelle dimension avec l’embargo Indien, des débats autour du Nutriscore et du rachat de Cajoo par l’Allemand Flink.

Nous parlons également des géants de la viande qui investissent massivement dans l’alternative végétale, au même temps que le secteur souffre avec une croissance moins rapide que prévu. Et on finit avec un article intéressant sur le Bowl, le plat en vogue dans la restauration rapide. 

Les Échos, Crise alimentaire : vague d’inquiétude après l’embargo indien sur les exportations de blé, 15/05/2022 + La Tribune, Blé : l’interdiction des exportations indiennes fait exploser les prix, 16/05/2022

Alors qu’il y a quelques semaines encore l’Inde, qui est le 2è producteur mondial de blé après la Chine, faisait figure de solutions alternatives aux blés ukrainiens et russes pour les pays qui dépendent des importations de blé, le pays vient de connaître une vague de chaleur extrême et anticipe une récolte moins abondante que prévu.

En conséquence, le gouvernement indien a décidé d’interdire les exportations de blé afin d’assurer la sécurité alimentaire de sa population et d’apaiser les tensions inflationnistes.

Avant cette vague de chaleur, l’Inde, qui n’est pas un pays historiquement exportateur, espérait profiter de la hausse des cours et de la moindre disponibilité des blés ukrainiens et russes sur les marchés mondiaux pour exporter 7 à 10 millions de tonnes.

Les ministres de l’Agriculture du G7 réunis samedi dernier ont critiqué cette décision. Le ministreallemand de l’Agriculture, Cem Özdemir a ainsi déclaré “si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l’exportation ou même à fermer les marchés, cela ne fera qu’aggraver la crise et cela nuira aussi à l’Inde et à ses agriculteurs”.

Conséquence immédiate de cette décision indienne : le prix du blé a atteint des records à 435 euros la tonne en début de semaine.  

L’Usine Nouvelle, Bataille d’influence autour du Nutri-Score, 10/05/2022 + UFC Que Choisir, Le Nutri-Score, meilleure illustration de la qualité nutritionnelle de notre patrimoine culinaire !, 10/05/2022

Alors que les autorités européennes ont prévu d’imposer en face avant des produits alimentaires un étiquetage nutritionnel dont le format devra être défini d’ici fin 2022, la récente publication d’un avis scientifique de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) relance le débat sur le Nutriscore.

Dans son avis sur « la classification des aliments sur la base de leur composition nutritionnelle à des fins spécifiques », l’EFSA donne “quelques lignes directrices” qui “pourraient laisser entendre que le Nutri-Score n’a pas la faveur des experts”.

Ainsi, l’organisation professionnelle italienne Federalimentare donne son interprétation de cet avis. Selon elle, l’EFSA indique que d’après cet avis, compte tenu du cahier des charges applicable aux appellations protégées, ces aliments peuvent écoper d’un « D » ou d’un « E » sans possibilité de modifier la recette ou la proportion des ingrédients.

De son côté, Que Choisir a réalisé une enquête intéressante sur le Nutriscore. Dans un contexte où “certains industriels s’activent pour tenter de décrédibiliser le Nutri-Score” et “prétendent que son calcul serait erroné car il donnerait systématiquement de mauvaises notes aux produits traditionnels”, l’association a étudié un échantillon de 588 références de produits, représentant 310 aliments régionaux.

Les résultats montrent qu’une très large majorité des produits relevés (62 %) ont un Nutri-Score A, B et C : 121 aliments sont classés A et B et 7 huiles d’olives sont classées C. Ainsi, “les aliments traditionnels de Nutri-Score D ou E représentent en réalité à peine plus d’un tiers de notre échantillon” mais selon Que Choisir “il est ici inexact de dire que ces produits notés E et D sont stigmatisés par le Nutri-Score” car “ces notes D et E, rarement affichées sur les produits qui les obtiennent, ne visent en aucun cas à les dénigrer, ni à en interdire leur consommation, mais signifie seulement qu’il est recommandé de les consommer en quantités modérées et à des fréquences raisonnables”.

Ecommerce Mang, Quick commerce : le français Cajoo racheté par son concurrent allemand Flink, 17/05/2022 + LSA, Flink rachète Cajoo, Carrefour devient son partenaire commercial exclusif, 16/05/2022

La concentration s’intensifie encore un peu plus dans le Q-commerce en France. Après le rachat de Frichti par Gorillas en mars dernier, c’est cette fois-ci la startup allemande Flink qui vient d’annoncer le rachat de Cajoo, le pionnier du quick commerce en France. Le montant de la transaction est estimé entre 90 et 100 millions d’euros.

Flink a été lancée début 2021 et s’est développée rapidement suite à plusieurs levées de fonds. Avec la reprise de Cajoo Flink desservira la région parisienne et 8 autres grandes villes avec 30 hubs et sera en mesure de servir atteignant 6 millions de clients. La marque Cajoo disparaîtra au deuxième trimestre 2022.

Avec ce rachat, Flink aura également accès à la centrale d’achat de Carrefour. Carrefour, qui était actionnaire de Cajoo et qui devient par la même occasion son partenaire commercial exclusif dans l’Hexagone. Carrefour a d’ailleurs investi au capital de la start-up allemande. Elodie Perthuisot, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale du groupe Carrefour a affirmé “moins d’un an après avoir uni nos forces avec Cajoo, nous sommes en mesure de prendre part à la consolidation du marché et de nouer un partenariat stratégique précieux avec Flink”.

Le nouvel ensemble formé par Cajoo et Flink détient désormais la première place du marché hexagonal. Mais comme le conclut LSA, “cette opération signe également l’arrêt de mort des entreprises hexagonales de quick commerce”. Il reste encore toutefois Bam Courses, la filiale de la Belle Vie 😉

The Guardian, Big meat is gobbling up fake meat companies, 10/05/2022

Un article intéressant sur la manière dont les multinationales ont peu à peu pris le contrôle du marché des alternatives végétales à la viande. Il s’appuie sur deux rapports récents, l’un publié ce mois-ci par l’ONG Food & Water Watch et un autre publié en mars par IPES-Food, une coalition d’experts en systèmes alimentaires.

Ainsi, des géants de la viande comme JBS et Cargill ont investi massivement dans les protéines végétales et les viandes cultivées en laboratoire ces dernières années. Cargill a investi dans la société de viande cultivée en laboratoire Aleph Farms et en créant ses propres protéines végétales. Tyson Foods vend des alternatives végétales à la viande sous sa marque Raised & Rooted, a investi dans plusieurs entreprises d’alternatives végétales à la viande et de viande cultivée en laboratoire. Mais d’autres multinationales de l’agroalimentaire se sont également lancé sur ce créneau. A l’image de Kellogg’s, qui possède la marque MorningStar Farms et contrôle déjà près de 46% du marché aux Etats-Unis. La concentration y est d’ailleurs importante puisque quatre entreprises seulement représentent plus des trois quarts des ventes d’alternatives végétales à la viande.

Le marché des alternatives à la viande devrait connaître une croissance rapide, passant de 4,2 milliards de dollars de ventes en 2020 à 28 milliards de dollars en 2025, selon IPES-Food. Selon le rapport, une grande partie de cette croissance proviendra de l’industrie des alternatives végétales mais plusieurs conglomérats ont également investi des centaines de millions de dollars pour développer la viande cultivée en laboratoire.

Selon Food & Water Watch, les régulateurs fédéraux américains ne font pas grand-chose pour arrêter la consolidation dans le secteur des alternatives végétales à la viande. Selon l’ONG, cela pourrait finir par ressembler à l’industrie du bœuf, où quatre sociétés – JBS, Cargill, Tyson Foods et National Beef Packing – contrôlent 85% de l’industrie américaine.

CNBC, The plant-based food industry is facing a reset as Beyond Meat and Oatly shares suffer, 14/05/2022

Wall Street semble tourner le dos aux entreprises spécialisées dans les substituts végétaux à la viande et au lait. Ainsi, les actions de Beyond Meat et d’Oatly ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis début 2022. Beyond Meat se négocie 87 % en dessous de son sommet historique, et Oatly, se négocie plus de 80 % en dessous de son prix d’introduction en bourse il y a environ un an.

Selon les experts du secteur, ces baisses pourraient marquer une rupture inévitable, l’optimisme des investisseurs se heurtant à la réalité.

Les premiers jours de la pandémie ont fait grimper en flèche la demande de substituts à base de plantes, les consommateurs cuisinant chez eux cherchant de nouvelles options. Les entreprises et les investisseurs ont parié que les consommateurs continueraient à manger des substituts de viande et à boire des substituts de lait.

Le tournant s’est produit en novembre 2021 lorsque Maple Leaf Foods a tiré la sonnette d’alarme en constatant que la croissance de ses produits à base de plantes ralentissait. Moins d’une semaine après l’avertissement de Maple Leaf, Beyond Meat a déçu les investisseurs avec ses propres résultats médiocres.

Le PDG de Beyond Meat, Ethan Brown, a déclaré lors d’une conférence téléphonique que les faibles performances de l’entreprise étaient dues à quatre facteurs : la faiblesse de la catégorie globale des produits à base de plantes, l’abandon par les consommateurs des alternatives à la viande réfrigérée au profit des produits surgelés, l’augmentation des remises et le renforcement de la concurrence.

Le Monde, Des graines de chia à la raclette, le ras le bowl, 15/05/2022

Vous aussi vous avez l’impression qu’on décline désormais de nombreux plats sous forme de bol? Et bien vous n’êtes pas seul(e)!

Dans le marketing culinaire “le bol est devenu un élément de vaisselle qui peut rapporter gros”. Affublé de son patronyme américain, “le bowl se métamorphose soudain en un récipient capable de transformer n’importe quel plat en or, n’importe quel concept de restauration rapide en un business florissant”.

Sur les applications de livraison de repas à domicile, les bowls ont même leur propre catégorie, à l’image des kebabs, des pizzas ou des sushis. D’ailleurs, selon un rapport publié en 2021 par Deliveroo, le poke bowl représente carrément 40 % des commandes passées sur la plate-forme à l’heure du déjeuner.

Sur Instagram, le hashtag #bowl compte plus de 4 millions d’occurence.

Dans un article publié en 2018 sur Quartz Charles Spence, un professeur de psychologie expérimentale, expliquait que « quand on se retrouve face à un plat, notre cerveau tente de prédire son goût et la manière dont il va nous satisfaire. (…) A la vue et au toucher d’un bol, le cerveau renverra davantage le signal d’un plat copieux et réconfortant. A proportions égales, le poids que l’on ressent dans la main donne l’impression que la quantité de nourriture est plus grande que si elle avait été servie dans une assiette – de la même façon, on trouvera les parfums et les arômes plus intenses. »

Le bol renverrait également selon l’article “à une certaine idée de l’enfance et à ce souvenir réconfortant du bol de chocolat chaud que l’on enserre entre ses doigts au petit déjeuner”. Par ailleurs, il y a un côté “healthy” qui est rattaché aux bowls depuis la recette du « buddha bowl » qui a été popularisé par l’américaine Martha Stewart.  

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